lundi 12 mai 2008

Nouvelles des 3 derniers mois

Après un "petit" moment d’absence, après avoir reçu l’autorisation d’interrompre le passionnant récit de Solène au Chili et après quelques réflexions sur l’utilité de mes articles de mobiliteuse pas si en mobilité que ça, me voici enfin de retour sur le blog.
Effectivement, étant donné que je suis en mobilité à Paris, et que je rentre chez moi tous les week-ends, ce que j’ai à raconter semble beaucoup moins exotique et exaltant que le reste des articles de ce blog. Mais bon, je suis quand même en mobilité, et je fais des choses que je n’aurais sûrement pas faites si j’étais en train de faire une année scolaire normale à Toulouse.

Je n’aurais pas fêté l’anniversaire de ma Sister, qui est née le 15 Décembre, en plein mois de Février…Oui, elle a attendu que je rentre d’Autriche pour faire la fête… Je précise que le thème de la soirée c’était « Noir et couleur flashy »…




Je n’aurais pas été à Deauville, pour servir de figurante à ma sœur qui devait faire un reportage photo pour ses cours à la fac. Elle a choisi comme thème la plage en hiver… (Et elle en a profité pour faire des photos qui comptaient pas pour ses cours)






Je n’aurais pas été au concert de James Blunt avec Dom (ma Sister) au zénith de Paris… C’était tout simplement énorme… Finalement, nous sommes rentrées avec plein de souvenirs dans la tête, et aussi avec le programme, 2 posters (un officiel, et un non officiel vendu à la sortie et dont le prix baissait au fur et à mesure que l’on s’éloignait du zénith), et même les confettis du concert… Oui, nous sommes un peu folles, mais oui, nous assumons… Nous aimons bien (beaucoup) James Blunt… (Les photos et vidéos du concert sont sur mon portable et je ne sais pas encore comment faire pour les mettre sur mon ordi... Mais bon, c'est pas difficile de trouver des vidéos sur Internet...)



Je n’aurais pas habité dans le même foyer que Math, qui est venue m’y rejoindre après son retour de Malaisie (oui, la Math en Malaisie dont le blog est en lien sur le nôtre, c’est elle)… Les retrouvailles des deux Mathilde… Ca fait vraiment plaisir… Tiens, une ptite photo pour la peine… En rentrant du cinéma, devant la mairie de Paris…



Je n’aurais pas tant mangé avec Grégory. (Macdo, Asiatique, Moules-frites…) On n’aurait pas pu discuter, et je n’aurais pas eu ce joli brin de muguet… (Et, désolée, vous ne le verrez pas, il n'a pas voulu être pris en photo...)


Je ne serais pas rentrée chez moi régulièrement, donc je n’aurais pas vu la belle glycine de la maison, et je n’aurais pas mangé de Banh Xeo de mon papa…


Et surtout je ne profiterais pas autant de ma famille et de Benji…^^

Bon, finalement, elle est pas si mal ma mobilité, et puis mon stage est bien aussi, mais ça, c’est pour un prochain article…

mercredi 7 mai 2008

Chapitre 8 – En longeant le Styx

Le réveil du lendemain de cette soirée mémorable, fut un peu difficile pour tout le monde apparemment, puisque j’ai dû attendre 9 h 30 pour avoir un petit déjeuner. Ce qui ne m’arrangeait pas car mon bus pour retourner à Pucón et continuer mon périple partait à 10 h 30. J’ai avalé plutôt que mangé mes tartines et couru à moitié sur le chemin rendu humide par la pluie nocturne pour réussir à attraper le bus. J’étais seule dedans et j’avais donc toutes les vitres pour profiter du paysage.

Pendant quatre heures à Pucón, j’ai profité de la plage, du parc et des empanadas, avant de monter dans le bus pour Puerto Varas. Cette ville située à 996 km de Santiago et 320 km de Pucón est posée au bord du grandiose lac LLanquihue et près des volcans Osorno et Calbuco.
Le bus a mis cinq heures pour y arriver, traversant des paysages forestiers mis en valeur par le coucher du soleil.
Arrivée à 22h30, je n’ai rien vu de la ville et me suis contentée de trouver un lit dans un hostal tenu par une institutrice mariée à un allemand. Pour le dîner elle m’a offert un thé et une part de Kuchen, gâteau allemand.

Le lendemain, l’influence allemande s’est confirmée, en passant dans les rues baptisées avec des noms allemands pour certaines et peuplées de pâtisseries allemandes, de magasins allemands, et d'une église allemande.




Mon goût limité pour les allemands et les villes m’a poussé à prendre le bus pour rejoindre le lago de todos los santos ou lac Esmeralda, haut lieu touristique, grâce à ses eaux couleur émeraude.

A l’arrivée, tous les «pêcheurs » du coin proposent de faire la traversée dans leur barque, mais je me suis contentée de marcher un peu sur la plage et de tremper mes pieds dans l’eau. J’avais très envie de me baigner dans cette eau claire mais je n’avais nulle part où laisser mon sac en sécurité.
Après une bonne salade de printemps mangée en admirant le lac, j’ai décidé de parcourir à pieds les six kilomètres qui séparent le lac des saltos de Petrohué, autre haut lieu touristique en aval. Je voulais profiter de ce chemin pour voir le torrent Petrohué dont les eaux tumultueuses sont de la même couleur que le lac, ce qui le rend magnifique, dans un cadre grandiose. Quand je me suis aperçue que du chemin on ne voyait pas le torrent, à cause des arbres, j’ai entrepris de longer celui-ci, directement au bord de l’eau, de pierre en pierre. Ce ne fut pas toujours facile à cause de ma mochilla qui pesant sur mon dos perturbait mon équilibbre et m’a menée à une pause forcée pour faire sécher chaussette et chaussure. Il faisait beau et chaud donc ce n’était pas bien grave et j’ai pu profiter de la beauté de cette rivière, en me croyant seule dans ce parc très fréquenté, puisque tout le monde passait par le chemin, en bus ou en voiture.

Ce fut une balade sportive et assez acrobatique, ma première longue marche avec ma chère mochilla et j’en ai apprécié chaque moment, chaque surprise, comme celle d’apercevoir le volcan Osorno au passage d’un coude du torrent. Une autre, moins agréable, fut de voir, gravé dans la pierre, le nom d’un jeune pêcheur mort à dix neuf ans, certainement tombé dans un tourbillon.


Bien sur il m’a fallut plusieurs heures pour faire ces six kilomètres, à cause des nombreux obstacles sur mon parcours, et je suis arrivée au niveau des sauts peu de temps avant le départ du dernier bus pour la ville. J’ai donc fait juste un petit tour, en essayant de me frayer un passage au travers des touristes agglutinés sur les passerelles pour apercevoir ces sauts impressionnants. Je sentais que je gênais avec mon gros sac à dos et toute cette foule m’a un peu rebutée alors j’ai juste pris quelques photos et suis retournée au bord du chemin pour attendre le bus. Celui-ci allait jusqu’à Puerto Montt, 20 kilomètres au sud de Puerto Varas, ma prochaine destination. J’ai donc décidé de rester jusqu’au terminus plutôt que de dormir une nuit de plus à Puerto Varas.

A Puerto Montt, j’ai trouvé un hostal plutôt miteux, avec des murs en contreplaqué n'atteignant pas le plafond, une porte qui ne fermait pas complètement, mais une télévision bien inutile. J’y ai juste posé mes affaires et suis partie marcher vers le port. J’avais vraiment la sensation d’avoir atteint le bout du monde civilisé. La route s’arrête à Puerto Montt ; pour aller plus au sud il faut prendre le bateau et traverser le Golf de Reloncavi ou passer par l’Argentine car la Cordillère n’admet pas de routes goudronnées.
C’est une sensation étrange, mais heureusement, il y a des bacs pour rejoindre la grande île de Chiloé, je pouvais donc continuer mon voyage le lendemain.

samedi 3 mai 2008

Chapitre 7 – Marmotte de bibliothèque

A l’arrivée dans le parc, j’ai payé mon entrée, comme dans tous les parcs du Chili et le garde très sympathique avec les américaines devant moi, m’a juste dit de les suivre pour rejoindre le refuge. Sauf qu’elles avaient un peu d’avance et au croisement suivant je ne savais pas où passer. J’ai choisi le chemin qui longe le lac en passant par la forêt et en plus d’être agréable, il m’a menée au bon endroit.




L’accueil dans le refuge fut un peu abrupt puisque je me suis fait réprimandée car je n’avais pas enlevé mes chaussures. Ensuite, le patron est arrivé, un barbu d’une cinquantaine d’année, vêtu d’un vieux short et d’un vieux t-shirt. Il m’a appris que le refuge était complet et qu’il ne connaissait pas le Vincent de l’agence de Pucón. Après un coup de téléphone je compris que ce dernier s’était trompé et avait réservé dans un refuge situé avant l’entrée du parc. Je venais de faire le chemin avec mon gros sac à dos et je n’avais pas tellement envie de repartir. Alors le propriétaire des lieux m’a offert de dormir sur le palier. Il y avait une mousse, une lampe et une bibliothèque. J’ai donc accepté. Le refuge était peuplé de plusieurs familles. C’est un lieu confortable, au milieu de la forêt, au bord du lac et l’ambiance y est très bonne.



Ma "chambre"

Je m’étais trouvé un endroit où dormir et je pouvais donc profiter des lieux. L’eau du lac était très bonne, très pure et je m'y suis bien delassée, avant de retourner au refuge pour le dîner.
Celui-ci était composé d’un pastel de choclo casero (gâteau de maïs fait maison), une délicieuse composition dans laquelle la purée de maïs recouvre de la viande, un œuf dur et des olives. Exactement ce qu’il me fallait pour me donner des forces avant le tournoi de ping pong organisé par les jeunes anarchistes du camping voisin.
J’ai perdu en quart de finale (soit mon premier match), ce qui est logique, puis profité des autres matchs en tant que spectatrice. Cependant le tournoi était long et j’était fatiguée, alors j’ai monté l’escalier, étalé mon sac de couchage, et pris un livre avant de dormir.

Le lendemain je me suis levée avant tout le monde, à 9 heures, après une très bonne nuit et je suis partie pour le sentier de Los Lagos. Ce sentier croise deux cascades et trois lacs tous plus beaux les uns que les autres. En huit heures de marche tranquille, j’ai pu admirer presque toutes les merveilles du parc, étonnamment peu fréquenté par les touristes étrangers.

Mon premier pivert !


En rentrant le soir j’ai d’abord cru le refuge en feu, mais la fumée provenait seulement de l’asado qui se préparait pour ce soir là.
Comme je me sentais bien dans ce parc, dans ce refuge et dans la bibliothèque et que je ne voulais pas retourner à Pucón, j’avais décidé le matin, de rester une nuit de plus. Grâce à cette bonne idée, j’ai pu profiter de cet asado. Une viande succulente, un vin moelleux et fort comme savent le faire les chiliens, des salades délicates, un pain chaud et tendre. Que du plaisir, partagé par trente personnes autour de la grande table en bois, où l’on discute entre amis, en famille.
Après ce délicieux repas, nous nous sommes installés autour des musiciens pour une séance de chansons traditionnelles chiliennes. Par traditionnelles, j’entends celle que tout le monde connaît, celles qui font la culture commune et l’identité d’un pays. Tout le monde chantait ces chants d’ici, qui parlent d’amour, de coup d’Etat, de nature, du pays…

Nous avons même eu droit à une démonstration de la Cueca, la danse traditionnelle chilienne, qui imite le jeu de séduction d'une poule et d'un coq.

Cette soirée fut riche en émotions, je me suis sentie un peu chilienne, intégrée dans ces familles tranquilles, en vacances, au bord d’un lac, au milieu de la forêt, blottie dans les contreforts andins.




jeudi 1 mai 2008

Chapitre 6 - Dans le creux de la vague

Le lendemain, pour mon deuxième jour à Pucón, il faisait très chaud. Du coup, la meilleure option était de se plonger dans l’eau. Celle de la rivière, qui descend des glaciers andins, pour mieux se rafraîchir.
J’ai donc fais de l’hydrospeed dans un cadre magnifique, avec une bande de chiliens et un français sympa. Par contre, ça m’a un peu saoulée, car le guide, parce que j’étais une fille et pour me draguer, n’arrêtait pas de me tenir la planche. Comme si je n’étais pas assez grande pour prendre les vagues toute seule.
Malgré cela, j’ai adoré ma première expérience de ce sport. C’est bien mieux que le rafting ou le kayak, car on est directement dans l’eau, on sent chaque courbe du fleuve, on profite de chaque rapide, on avale plein d’eau et on peut même surfer sur les vagues.
Un kayakiste-photographe a immortalisé cette matinée pour nous et je lui ai acheté le cd pour que vous voyiez ce que j’ai fait.

Seyant, n'est ce pas ?




Avec le relou





Le relou est doué quand même, sous le volcan

Après cela, je voulais partir vers la parc Huerquehue, non loin de là et les français de l’agence se sont chargés de me réserver une place en refuge pendant que j’allais reprendre des forces en avalant un burrito, face au volcan vaincu la veille.




Vert = un peu de fumée, tremblement occasionel, on peut monter sur le volcan

Orange = ça tremble, ça fume, commencez les valises

Rouge = au choix : sortez les appareils photos ou partez en courant